Les accidents – Que faire pour les éviter

Les accidents – Que faire pour les éviter

10 novembre 2018 0 Par laforetfrancaise

Avant toute chose, je tiens à remercier Alexis DUBERTRAND, technicien indépendant et formateur en sécurité au travail de la SARL FORET SERVICES, qui m’a épaulé, conseillé, corrigé tout au long de cet article.

On ne le répète jamais assez, ce n’est pas le métier de bucheron qui est dangereux mais la façon dont il est pratiqué ! De même un conducteur sans permis ou ne respectant pas les règles de sécurité s’expose à un risque d’accident accru.

En effet, les salariés du secteur de l’exploitation de bois représentent 1 % des salariés du monde agricole en France.

Malgré tout, ils sont touchés par 10% des accidents du travail mortels. Le taux de fréquence des accidents est 4 fois plus élevé en exploitation forestière que pour l’ensemble du monde agricole.

En moyenne, 1 salarié sur 5 travaillant en exploitation forestière aura un accident dans l’année.

L’origine des accidents est bien souvent multifactorielle :

Les accidents peuvent être évités ! En 2014, la caisse Assurance Accident Agricole (CAAA) recensait 588 accidents concernant le secteur forestier en Alsace soit 30% de la totalité des accidents déclarés tous secteurs confondus. Ces accidents sont dus à une erreur humaine, majoritairement en raison d’un manque d’anticipation.

Leur cause est principalement due à un manque de formation conduisant à une mauvaise utilisation du matériel, une méconnaissance de l’environnement de travail, une mauvaise organisation de chantier ainsi que des postures et gestes inappropriés.

Cet ensemble génère des conditions de travail difficiles: stress, fatigue prématurée, déconcentration et perte de contrôle de la situation. Le résultat est une situation à risques potentiellement accidentogène.

Cette vidéo du CAAA démontre UNE PARTIE des bases de la sécurité durant un chantier d’exploitation. Mais quelques maladresses visibles ne doivent pas être reproduites ! :

  • On ne démarre jamais un tronçonneuse à la volée !
  • Lorsque l’on tient la machine d’une main, on utilise la poignée tubulaire (celle du haut) et seulement après avoir mis le frein de chaîne.
  • On observe que systématiquement, ce bucheron tourne le dos à l’arbre en chute, donc au danger : la bonne démarche est d’avoir une posture qui permet de suivre l’arbre en mouvement pour se reculer de 2 pas et enfin s’écarter rapidement si besoin est.
  • Le bûcheron procède à un affutage dans la forêt sans casque sur la tête alors qu’il a déjà commencé son chantier et que des branches sont susceptibles de tomber; l’affutage est réalisé sans gants ce qui engendre régulièrement des atteintes sur le dessus des doigts causant gènes ou arrêts de travail.

De plus lorsque les Equipements de Protection Individuelle (EPI) sont inadaptés, vétustes ou inexistants l’accident aura de graves conséquences.

EPI et matériel obligatoire :

  • Casque forestier avec protections des yeux et des oreilles
  • Pantalon, salopette ou jambières anti-coupures (pratiques pour les conducteurs d’engin)
  • Chaussures ou bottes avec coque et protection anti-coupures
  • Une paire de gants de protection spéciale bucheronnage
  • Une trousse de secours adaptée

En voici quelques exemples
ou

Voir le casque / voir les gants / voir le pantalon / voir les chaussures ou les bottes / voir la trousse de premier secours pour forestier

Sachez que l’EPI ne fait pas tout, en effet sans formation vous n’apprendrez jamais les bons gestes qui vous permettront d’utiliser le matériel en toute sécurité.

Une formation n’est pas un « test » précédé de quelques heures d’informations même si par la suite un titre ou un diplôme vous est délivré. Il faut continuellement s’informer et se former afin de mettre à jour ces connaissances.

Par exemple, le permis tronçonneuse doit présenter au candidat LES BASES de l’utilisation d’une scie à chaine. Le candidat obtiendra ce permis s’il démontre sa capacité à acquérir les compétences nécessaires à l’utilisation d’une tronçonneuse en toute sécurité pour lui, ses équipiers et son environnement de travail. Ce permis ne suffit pas à lui seul pour appréhender sereinement et de façon sécuritaire le métier de bûcheron, pour cela il faut du temps.

Ce permis peut cependant mettre en évidence l’incapacité ou incompétence d’un candidat qui travaille déjà avec une scie à chaine et qui peut-être n’a pas eu d’accident par chance. Sur nos routes, beaucoup de véhicules roulent sans contrôle technique, certains sont en très bon état mais combien d’autres présentent des risques et sont de réels dangers pour leur conducteur et pour les usagers de la route.

Les métiers de bûcheronnage manuel ou mécanisé nécessitent plusieurs mois de formation délivrés par des formateurs compétents issus du milieu professionnel concerné et ayant suffisamment pratiqué pour partager un savoir-faire et leur expérience.

 

Mais cela ne suffit toujours pas, en effet un matériel défectueux ou non entretenu peut être une véritable bombe à retardement ! Prenons un exemple, la chaine d’une tronçonneuse :

 

Un affûtage de chaine mal réalisé peut générer entre autres problèmes de violents rebonds de la tronçonneuse vers l’opérateur (kickback) provoquant des ecchymoses, des coupures, des tendinopathies, le syndrome de Raynaud…

Maitriser l’affûtage, savoir le paramétrer en fonction de la dureté de l’essence de bois à tronçonner nécessite plusieurs semaines de pratique et de formation.

Cette vidéo explique très bien comment affuter votre chaine de tronçonneuse avec un gabarit et des limes adaptés à la chaine en question. Mais attention elle ne vous dispense pas de formation adaptée !

! Attention ! Choisissez bien votre kit d’affutage, en effet toutes les chaines sont différentes donc regardez bien les données gravées sur le guide chaine de votre tronçonneuse professionnelle :

  • La jauge,
  • Le pas de la chaîne,
  • Le nombre de maillons entraîneurs,
  • La référence de la chaîne à remplacer (sur certains modèles),
  • La longueur du guide,

Pour votre choix de chaine de tronçonneuse, regarder cet article relativement bien fait qui détail tous les critères.

En conclusion, le bon sens c’est de se former, s’informer, s’équiper, analyser la situation sur le terrain, entretenir son matériel après chaque utilisation.

Des actions simples peuvent vous sauver la vie : signaler à vos proches ou autorités : gendarmerie, mairie… le lieu et la nature de vos travaux. Cela éveillera d’autant plus vite les soupçons si vous ne rentrez pas à l’heure prévue et facilitera les recherches si nécessaire. Le plus sur est de ne pas travailler seul dans les bois.

Modifié le 2018-11-10 à 18:24:32